En bref :
La Renault Vivastella Grand Sport est un modèle pré-guerre produit entre 1934 et 1939, reconnu pour sa carrosserie profilée et son moteur 6 cylindres en ligne de 4,1 litres. Avec environ 10 782 unités fabriquées, cette voiture allie élégance et performances, culminant à 95 chevaux dans ses dernières versions. Réputée pour son châssis Mines ABX et sa ligne aérodynamique dessinée par Marcel Riffard, elle incarne le sommet du luxe automobile français des années 30.
Peu d’anciennes allient à la fois finesse esthétique et prouesses techniques comme les Renault Vivastella Grand Sport d’avant-guerre. Ces voitures trois places de front, notamment en version cabriolet ou spider convertible, illustrent une quête d’innovation dans le design aérodynamique et la motorisation puissante. Le modèle se distingue aussi par sa rareté et son adaptation aux exigences variées grâce aux différentes versions telles que ABX et ACX, équipées d’un châssis sophistiqué. Explorer ces aspects offre un aperçu complet de ce qu’a représenté la collection voitures de luxe anciennes pour Renault à cette époque.
Renault Vivastella Grand Sport : Histoire et versions
Une apparition marquante de 1934 à 1939
La Renault Vivastella Grand Sport a vu le jour au Salon de Paris en 1934. Ce modèle haut de gamme s’inscrivait dans une production qui s’étendait jusqu’en 1939, comptabilisant au total environ 10 782 exemplaires produits. Issu de la lignée des modèles six cylindres en ligne, il s’adresse à une clientèle recherchant confort et élégance, tout en bénéficiant d’une motorisation puissante pour l’époque.
La gamme Grand Sport comprend plusieurs versions successives, notamment les types ABX, ACX1, ACX2, BCX1, et BDV1. Les appellations évoluent en parallèle de légères modifications techniques et stylistiques. Chaque version adapte sa cylindrée, sa puissance et d’autres caractéristiques mécaniques pour répondre aux attentes changeantes des clients entre 1934 et 1939.
Renault Vivastella Grand Sport : les différences entre versions
Les premières versions comme l’ABX étaient équipées d’un moteur 6 cylindres en ligne de 4,1 litres, délivrant environ 78 chevaux. Progressivement, Renault améliore la puissance à travers des variantes comme l’ACX1 qui atteint 85 chevaux, puis l’ACX2 et BCX1, dont la puissance grimpe à 88 chevaux.
Le dernier modèle produit en 1939, le BDV1, propose une puissance de 95 chevaux et une vitesse maximale avoisinant les 130 km/h. La transmission mécanique à trois rapports demeure constante tout au long des évolutions, mais l’adoption du servo-frein en 1937 améliore significativement le confort de conduite des dernières séries.
Chaque version évolue également sur le plan du châssis, avec des désignations Mines telles que ABX, ACX ou BCX, reflétant des ajustements au niveau de la longueur d’empattement ou des suspensions, permettant ainsi d’adapter la voiture à des usages divers, du confort urbain à la participation aux compétitions.
Carrosseries et design du cabriolet profilé
Berline, coupé et cabriolet d’usine
La Renault Vivastella Grand Sport se décline en plusieurs carrosseries proposées directement par l’usine Renault. Les plus courantes sont la berline capable d’accueillir 4 à 5 personnes, le coupé plus sportif avec 2 ou 3 places, ainsi que le cabriolet, souvent configuré en 2 ou 3 places, dont une variante spider convertible très rare.
La configuration particulière de la banquette avant permet d’installer trois personnes de front, une caractéristique remarquable à cette époque qui illustre la recherche d’une habitabilité maximale combinée à une ligne dynamique.
Outre ces formes classiques, Renault produit aussi des coaches décapotables renommés pour leur confort, adaptés aux longs trajets, avec un souci d’élégance et de fonctionnalité. Ces carrosseries d’usine sont reconnues pour leur finition soignée, une qualité qui valorise le prestige de ce modèle pré-guerre.
Carrosserie profilée et aérodynamique
Dessiné par Marcel Riffard, qui s’inspire de son expérience dans l’aéronautique, notamment du Caudron C.460 Rafale, le design de la Vivastella Grand Sport se distingue par sa carrosserie profilée et aérodynamique. Cette tendance Streamline américaine visait à réduire la résistance de l’air en adoptant des lignes tendues vers l’arrière, des ailes intégrées, un pare-brise rabattable et des calandres inclinées.
Cette carrosserie profilée améliore non seulement l’allure sportive et élégante du véhicule, mais facilite aussi la pénétration dans l’air, ce qui réduit la consommation et améliore la tenue de route à vitesse élevée. Cette innovation est d’autant plus notable que la voiture conserve des solutions techniques classiques, témoignant d’un équilibre entre modernisme esthétique et robustesse mécanique.
Évolution stylistique 1934-1939
Au fil des années, la ligne de la Renault Vivastella Grand Sport connaît plusieurs évolutions stylistiques. La carrosserie initiale, très en avance par son aérodynamisme, est légèrement réajustée dès 1936 pour répondre aux attentes moins audacieuses du public, avec notamment un changement de calandre vers un design trapézoïdal et des phares plus profilés intégrés dans les ailes.
De 1937 à 1939, la calandre adopte des barrettes chromées horizontales, et la voiture reçoit des déflecteurs d’air sur les portières avant ainsi que des flasques masquant les roues arrière pour accentuer la fluidité des formes. Ces ajustements confèrent à la Vivastella une élégance automobile typique des années 30, tout en s’adaptant discrètement aux goûts conservateurs de la clientèle.
Mécanique et performances des 6 cylindres
La Renault Vivastella Grand Sport est motorisée par un moteur 6 cylindres en ligne de 4,1 litres de cylindrée, évoluant sur la gamme entre 78 et 95 chevaux selon les versions. La puissance permet de porter la voiture à des vitesses allant jusqu’à 130 km/h, respectable pour son poids variant entre 1 500 et 1 900 kg.
La transmission mécanique à trois rapports, avec une première non synchronisée, offre un agrément de conduite classique, tandis que la suspension repose sur des essieux rigides montés sur ressorts à lames longitudinaux. Les freins, initialement commandés par câbles, bénéficient du servo-frein à partir de 1937 sur la dernière génération de six cylindres, améliorant la sécurité.
Malgré une architecture mécanique conservatrice, le tempérament moteur délivre un taux de couple confortable, rendant la conduite souple et agréable, notamment grâce à un levier de vitesses coudé permettant d’installer trois passagers côte à côte. Ce mariage de performances et de confort mécanique caractérise bien la dimension haut de gamme de ce modèle pré-guerre.
Précision de la rédaction. “Le design aérodynamique de Marcel Riffard ne se limite pas à une esthétique soignée, il améliore concrètement la consommation et la tenue de route, apportant un réel bénéfice pratique aux conducteurs de l’époque.”
Notoriété et héritage dans le patrimoine Renault
La Renault Vivastella Grand Sport est un symbole important dans l’histoire du patrimoine automobile Renault. Sa victoire notable au Grand Prix de la Baule en 1934 lui confère une renommée sportive, tout en incarnant l’élégance et le raffinement de l’automobile française des années 30.
Ce modèle haut de gamme a aussi été associé à des personnalités influentes et à la haute société, souvent invité aux concours d’élégance. Son design résolument avant-gardiste, dû au créateur Marcel Riffard, participe à l’image d’innovation et de prestige de Renault. Cette voiture représente un pan où la marque s’est aventurée sur le segment des voitures trois places de front à carrosserie profilée, reflet d’une réelle expertise technique et stylistique.
Cet héritage est aujourd’hui valorisé par sa présence dans des musées comme The Originals Museum ainsi que dans des publications spécialisées comme Losange Magazine, consolidant sa place dans la mémoire collective de l’automobile de luxe d’avant-guerre.
Collection, rareté et valeur des Grand Sport
Rareté et tirage par version
Parmi les modèles Renault antérieurs à la Seconde Guerre mondiale, la Vivastella Grand Sport est remarquablement rare, avec environ 12 661 voitures six cylindres produites. Cette rareté s’accentue pour certaines carrosseries plus spécifiques telles que le cabriolet trois places ou le spider convertible, qui comptent parmi les variantes les plus recherchées.
Les différentes versions présentent une production variable : par exemple, la version ACX2 se déploie en plusieurs centaines d’exemplaires tandis que les variantes telles que le BDV1 de 1939 comptent un millier d’unités, ce qui leur confère une valeur spécifique dans le marché de la collection. Le châssis Mines ABX ou ABZ joue aussi un rôle dans cette identification et rareté selon la longueur et la configuration.
Prix et intérêt des collectionneurs
En raison de leur rareté et de leur élégance emblématique, les Renault Vivastella Grand Sport restaurées atteignent aujourd’hui des prix de vente compris entre 100 000 et 200 000 euros. Ces valeurs dépendent de l’état de conservation, de la version et de la provenance, notamment lorsque la voiture provient d’une collection prestigieuse telle que celle de Jean Rédélé.
Ce modèle attire un public de collectionneurs passionnés par l’histoire et la mécanique classique, recherchant l’équilibre entre le luxe d’avant-guerre, les spécificités esthétiques et un agrément de conduite encore appréciable. Son aura dans les concours d’élégance et son héritage sportif renforcent également son attrait commercial.
Exemples emblématiques et collections
Plusieurs exemplaires de la Vivastella Grand Sport figurent dans des collections privées réputées, souvent restaurés avec soin pour préserver leur charme originel. Parmi eux, on trouve des unités issues de la Collection Rédélé, renommée pour sa qualité de restauration et la fidélité aux caractéristiques d’origine.
Ces modèles rares apparaissent aussi ponctuellement dans les musées automobiles dédiés aux voitures de luxe anciennes et dans les expositions temporaires évoquant l’élégance automobile des années 30. Leur survie limitée après-guerre explique l’importance de chaque exemplaire conservé, faisant d’eux des témoins précieux de l’histoire automobile.
FAQ — renault vivastella grand sport
Quand la Renault Vivastella Grand Sport a-t-elle été produite ?
La Renault Vivastella Grand Sport a été produite de 1934 à 1939. Environ 10 782 exemplaires de cette voiture haut de gamme ont été fabriqués durant cette période avant la Seconde Guerre mondiale.
Quelles sont les principales versions de la Renault Vivastella Grand Sport ?
Les principales versions sont les ABX, ACX1, ACX2, BCX1 et BDV1. Chaque version propose des améliorations techniques, notamment en puissance moteur, allant de 78 à 95 chevaux, ainsi que des ajustements stylistiques entre 1934 et 1939.
Quels types de carrosseries étaient proposés pour la Renault Vivastella Grand Sport ?
La Renault Vivastella Grand Sport se déclinait en berline 4-5 places, coupé 2-3 places et cabriolet 2-3 places, incluant une rare variante spider convertible. Ces carrosseries d’usine alliaient élégance, confort et habileté pour l’époque.
Quelles sont les caractéristiques mécaniques de la Renault Vivastella Grand Sport ?
Cette voiture dispose d’un moteur 6 cylindres en ligne de 4,1 litres, avec une puissance variant de 78 à 95 chevaux selon la version. Elle possède une transmission mécanique à trois rapports et a reçu un servo-frein dès 1937 pour améliorer la conduite et la sécurité.
Quel est le design particulier de la Renault Vivastella Grand Sport ?
Le design de la Renault Vivastella Grand Sport, signé Marcel Riffard, se distingue par une carrosserie profilée et aérodynamique s’inspirant de l’aéronautique. Ce style streamlining réduit la résistance à l’air, améliorant consommation et tenue de route.
Quelle est la rareté et la valeur actuelle des Renault Vivastella Grand Sport ?
La Renault Vivastella Grand Sport est rare, avec environ 12 661 six cylindres produits. Les modèles restaurés se vendent entre 100 000 et 200 000 euros, leur valeur dépendant de l’état, de la version et de leur provenance dans le marché des collectionneurs.

Max, passionné d’automobile, a transformé sa curiosité pour la mécanique en expertise reconnue après 15 ans dans le secteur auto/moto. Ancien conseiller technique, il décortique aujourd’hui les nouveautés du marché avec un œil critique et bienveillant.






